Critiques brèves

  

 

 

undefinedSAW 3    de Darren Lynn Bousman                          ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.

 

reeker1.jpgREEKER de Dave Payne                                                                                                **

 Une série B qui exploite parfaitement son manque de moyen pour nous suggérer le pire. L’intrigue qui mélange savamment mystère, gore et S-F Le twist final est par contre déjà-vu et décevant vis-à-vis de la réalisation par ailleurs très travaillée sur l’atmosphère. Le groupe de jeunes manque de charme mais à l’inverse le reeker a plus d’un tour dans sa boite. 
 

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L’EXORCISME D’EMILY ROSE de Scott Derrickson                                     **

Mix efficace de film de procès et d’épouvante. Jennifer Carpenter, une révélation, déploie un large panel de grimaces et de contorsions pour créer l’effroi. La lumière très inspirée de Tom Stern (MYSTIC RIVER, MILLION DOLLAR BABY) réveille en nous des angoisses archaïques mêlées de mysticisme. Mais l’intrigue, pourtant fondée sur le doute, est dans son dénouement pleinement du côté de la religion par la sanctification d’Emily avec pour seule justification de s’inspirer d’une histoire vraie.

***

Réalisation : Nacho Cerda

Acteurs : Anastasia Hille, Karel Roden

date de sortie : 30 mai 2007

durée : 96min

 

  

 

 

 

Marie, adoptée dans son enfance, découvre quarante ans plus tard le lieu de sa naissance dans une ferme isolée en Russie. Cette maison hantée ne lui laissera aucune issue pour lui révéler l'atroce histoire de son abandon...

 Ce premier long-métrage de Nacho Cerda ne brille pas par son intrigue très conventionnelle aux histoires de fantômes ni par ses personnages à peine caractérisés. Par contre la mise en scène ambitieuse rend compte de l'enfermement et de la moiteur avec une inventivité visuelle constante. Les paysages vallonnés et la ferme abandonnée à l'usure de quarante années sont filmés comme un étau se refermant progressivement pour révéler les couches cachées de la mémoire de Marie. Cette radicalité se retrouve dans le script qui se déleste de toute rationalisation et caractérisation psychologique pour centrer son film sur une expérience sensorielle suffisamment viscérale et rythmée pour se sentir pris au piège d'un manège démoniaque.

Ce parti pris risqué génère tout de même quelques faiblesses tant au niveau de la narration rendue trop prévisible que de l'interprétation pas toujours convaincante. Ce manque de confiance dans son efficacité dramatique est compensé par une tartine d'effets sonores menant tout droit à l'indigestion. Ces déséquilibres n'entament pas le plaisir de découvrir la riche identité visuelle de ce nouveau maître espagnol.

 

par Jaco Hellman
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