LES RUINES de Carter
Smith **
Dans le genre survival de prévention à l’intention des jeunes vacanciers en quête d’exotisme, ce film est un modèle et constitue une bonne alternative au médiocre Turistas. Cette excursion dans des vestiges mayas renouvelle d’une manière inattendue les sacrifices humains. La violence est crue au traitement réaliste et dérangeant. L’esthétique gore surprend par le biais d’une vaste créature constituant le décor d’un huis clos suffocant.

SAW 3 de Darren Lynn
Bousman **
Ambitieuse par son script,
cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario.
Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises
maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus tordus.
Réalisation : Courtney Solomon
Acteurs : Donald Sutherland, Sissy Spacek
date de sortie : 25 avril 2007
durée : 91min
En 1848, l’esprit d’une sorcière hante la maison de la famille Bell pour leur révéler un
traumatisme refoulé. Cet évènement est aujourd’hui reconnu historiquement comme seul cas de mort provoqué par un fantôme…
Dès la première séquence on prend le train en marche en nous plongeant au milieu de la fuite d’une jeune ado
dans la forêt dont on ne verra rien de son poursuivant car filmé en subjectif. On comprend alors que ce film, destiné aux plus jeunes, va ratisser large dans ses inspirations pour les affadir au
possible et ainsi désamorcer tout suspense. Ce lissage PG-13 (tout public) passe par une narration dès plus bordélique. La voix-off nous annonce une sorcière pour comprendre
ensuite qu’il s’agit d’un esprit frappeur grognassant. Mais non, c’est une histoire de possession à la Emily Rose…par un loup tantôt visible ou invisible ! Peut-être un vampire par une
silhouette incongrue sur le toit ? un voisin farceur ? L’explication finale justifiant cette collection poussiéreuse de lieux communs illustratifs tient de l’eau de
rose horrifique mais surtout ne troublera pas la torpeur causée par une somme d’incohérences héritées d’une direction d’acteurs distendue. La mère en devient même involontairement angoissante par
l’indifférence de ses réactions répétitives censées rassurer sa fille Betsy. Pire, elle garde un sourire insouciant malgré les preuves qu’un homme malveillant vient dans le lit de sa fille. Aucun
des deux parents ne paraît croire à sa possession pourtant dès la séquence suivante ils se laissent aller à une séance d’exorcisme enjouée. Cette mascarade n’arrange rien car les avanies
spectrales reprennent aussitôt contre l'héroïne à la manière d’un petit frère invisible qui s’amuse à défaire son lit, vider les plumes de son oreiller ou tirer ses cheveux. Les
situations tentent le recyclage de l’épouvante old-school mais le résultat est malheureusement plus proche d’un SCARY MOVIE par le kitsch fortuit de la mise en scène que de LA MAISON DU DIABLE.
Les subjectifs du fantôme au steadicam sont tellement redondant qu’ils se mettent alors à tanguer, à passer indifféremment de la couleur au noir et blanc et surtout n’ont rien d’autre Ã
montrer que des visages hébétés par le vacarme d’une entité blagueuse.
Conscient de ses limites, Courtney Solomon (DONJONS & DRAGONS) cache la misère par
l’emploi excessif d’éclairs et flashs en tout genre, bourrasques, regards caméra, filtres numériques du plus mauvais goût couronnés d’une voix-off inutile. Le montage laisse passer de nombreux
faux raccords durant les scènes d’attaques et ne pâlie pas aux incohérences des réactions de la gamine qui passe des hurlements à un visage doux et apaisé le plan suivant. L’abus des rapides
flashbacks et du staccato de la musique participe à cette engorgement censé nous persuader qu’il s’agit bien d’un film d’horreur. On plaint surtout les acteurs malmenés. Donald Sutherland et
Sissi Spacek, le regard atterré, paraissent se demander comment ils en sont arrivés à subir pareils humiliations pour subvenir à leurs vieux jours.