LES RUINES de Carter
Smith **
Dans le genre survival de prévention à l’intention des jeunes vacanciers en quête d’exotisme, ce film est un modèle et constitue une bonne alternative au médiocre Turistas. Cette excursion dans des vestiges mayas renouvelle d’une manière inattendue les sacrifices humains. La violence est crue au traitement réaliste et dérangeant. L’esthétique gore surprend par le biais d’une vaste créature constituant le décor d’un huis clos suffocant.

SAW 3 de Darren Lynn
Bousman **
Ambitieuse par son script,
cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario.
Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises
maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus tordus.
Les commerciaux d’une entreprise de mines antipersonnelles passent un week-end de renforcement d’esprit d’équipe en Hongrie.
Pour leur partie de paintball, ils vont se perdre en forêt et vite comprendre qu’un jeu plus mortel les attendait…
Après le respectable CREEP, virée macabre dans un métro londonien poisseux, Christopher Smith nous invite à une double satire
particulièrement bien dosée pour ne pas empiété sur la vraisemblance des situations et de leur rythme. La première moitié n’a rien d’horrifique mais développe des caricatures crédibles d’employés
modèles tout en déjouant parfaitement nos attentes vis-à-vis de nombreux clichés. Ce principe ludique est repris pour parodier le genre et rappelle fortement la dialectique du
mélange d’influences cinéphiles de Tarantino par son humour noir et de SCREAM par sa manière ironique de surprendre en détournant les poncifs. Pourtant aucune surenchère mais un équilibre
tellement subtil entre réalisme et absurde que le gore survient quand on ne l'attend plus. La deuxième partie imprévisible maintient notre jubilation alternativement dans
l’hilarité et l’effroi pour s’achever dans un kitch assumé de série B.
La caméra sait se faire oublier à juste titre, à l’exception d’une poignée de plans mémorables dans l’originalité de leur composition. L’abandon du Scope de son précédent film pour du 1.85 plus carré est pour Smith « un format plus adapté à la comédie ». On retrouve tout de même dans les quelques intérieurs du film, l’ambiance glauque de CREEP par une déco très suggestive. Le judicieux casting apporte beaucoup à la cohérence psychologique des personnages. Jouant sur plusieurs registres, la rigueur de l’interprétation amplifie l’efficacité et la sincérité d’une œuvre qui concrétise les ambitions ratées d’un HOSTEL.