SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**

Les commerciaux d’une entreprise de mines antipersonnels passent un week-end de renforcement d’esprit d’équipe en Hongrie. Pour leur partie de painball, ils vont se perdre en forêt et vite comprendre qu’un jeu plus mortel les attendait…
Après le respectable CREEP, virée macabre dans un métro londonien poisseux, Christopher Smith nous invite à une double satire particulièrement bien dosée pour ne pas empiété sur la vraisemblance des situations et de leur rythme. La première moitié n’a rien d’horrifique mais développe des caricatures crédibles d’employés modèles tout en déjouant parfaitement nos attentes vis-à-vis de nombreux clichés. Ce principe ludique est repris pour parodier le genre et rappelle fortement la dialectique du mélange d’influences cinéphiles de Tarantino par son humour noir et de SCREAM par sa manière ironique de surprendre en détournant les poncifs. Pourtant aucune surenchère mais un équilibre tellement subtil entre réalisme et absurde que le gore survient quand on ne l'attend plus. La deuxième partie imprévisible maintient notre jubilation alternativement dans l’hilarité et l’effroi pour s’achever dans un kitch assumé de série B. 
La caméra sait se faire oublier à juste titre, à l’exception d’une poignée de plans mémorables dans l’originalité de leur composition. L’abandon du Scope de son précédent film pour du 1.85 plus carré est pour Smith « un format plus adapté à la comédie ». On retrouve tout de même dans les quelques intérieurs du film, l’ambiance glauque de CREEP par une déco très suggestive. Le judicieux casting apporte beaucoup à la cohérence psychologique des personnages. Jouant sur plusieurs registres, la rigueur de l’interprétation amplifie l’efficacité et la sincérité d’une œuvre qui concrétise les ambitions ratées d’un HOSTEL.
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