SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**

Réalisation : Jim Sonzero
Acteurs : Kristen Bell, Ian Somerhalder
durée : 90min
KAIRO, dont ce film s’inspire, était une parabole sociale japonaise sur fond de fin du monde à la noirceur nihiliste. L’univers cauchemardesque et visionnaire de Kioshi Kurosawa le distinguait fortement de RING ou JU-ON plus classique dans le rythme narratif. Pas de quoi s’étonner alors que ce projet de remake américain ait traîné des années en réécriture pour le formater aux canons du genre. Le résultat est moins décevant que prévu grâce au réalisateur qui pour sa première commande respecte scrupuleusement le découpage des scènes cultes de l’original. En revanche, le montage tape-à-l’œil censé mimer le speed des nouvelles technologies désamorce l’angoisse. Idem pour les effets spéciaux et sonores, bien exécutés mais trop illustratifs. Cette surcharge technique d’un récit devenu prévisible remplit inutilement une intrigue dont l’argument principal est pourtant le vide existentiel.
L’ambiance dépressive bleutée et désaturée, comme si la lumière provenait uniquement d’écrans, reprend efficacement à son compte l’esthétique glaciale et contrastée du THE RING de Gore Verbinski. Cette fois très bavards, les personnages gagnent en rationnel ce qu’ils perdent en mystère. Les dialogues trop explicatifs sabotent la qualité de l’interprétation, suffisamment convaincante pour passer une séance ni ennuyeuse, ni flippante.