Critiques brèves

  

 

 

undefinedSAW 3    de Darren Lynn Bousman                          ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.

 

reeker1.jpgREEKER de Dave Payne                                                                                                **

 Une série B qui exploite parfaitement son manque de moyen pour nous suggérer le pire. L’intrigue qui mélange savamment mystère, gore et S-F Le twist final est par contre déjà-vu et décevant vis-à-vis de la réalisation par ailleurs très travaillée sur l’atmosphère. Le groupe de jeunes manque de charme mais à l’inverse le reeker a plus d’un tour dans sa boite. 
 

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L’EXORCISME D’EMILY ROSE de Scott Derrickson                                     **

Mix efficace de film de procès et d’épouvante. Jennifer Carpenter, une révélation, déploie un large panel de grimaces et de contorsions pour créer l’effroi. La lumière très inspirée de Tom Stern (MYSTIC RIVER, MILLION DOLLAR BABY) réveille en nous des angoisses archaïques mêlées de mysticisme. Mais l’intrigue, pourtant fondée sur le doute, est dans son dénouement pleinement du côté de la religion par la sanctification d’Emily avec pour seule justification de s’inspirer d’une histoire vraie.

 

 **

Réalisation : Jim Sonzero

Acteurs : Kristen Bell, Ian Somerhalder

 location dvd : 19 avril 2007

durée : 90min

 

 

 

Un groupe d’étudiants commence à recevoir des messages émis par un ami récemment décédé. Ils vont découvrir un mal terrifiant qui sévit partout dans le monde par le réseau informatique avec pour origine une expérience secrète qui a très mal tourné…KAIRO, dont ce film s’inspire, était une parabole sociale japonaise sur fond de fin du monde à la noirceur nihiliste. L’univers cauchemardesque et visionnaire de Kioshi Kurosawa le distinguait fortement de RING ou JU-ON plus classique dans le rythme narratif. Pas de quoi s’étonner alors que ce projet de remake américain ait traîné des années en réécriture pour le formater aux canons du genre. Le résultat est moins décevant que prévu grâce au réalisateur qui pour sa première commande respecte scrupuleusement le découpage des scènes cultes de l’original. En revanche, le montage tape-à-l’œil censé mimer le speed des nouvelles technologies désamorce l’angoisse. Idem pour les effets spéciaux et sonores, bien exécutés mais trop illustratifs. Cette surcharge technique d’un récit devenu prévisible remplit inutilement une intrigue dont l’argument principal est pourtant le vide existentiel. L’ambiance dépressive bleutée et désaturée, comme si la lumière provenait uniquement d’écrans, reprend efficacement à son compte l’esthétique glaciale et contrastée du THE RING de Gore Verbinski. Cette fois très bavards, les personnages gagnent en rationnel ce qu’ils perdent en mystère. Les dialogues trop explicatifs sabotent la qualité de l’interprétation, suffisamment convaincante pour passer une séance ni ennuyeuse, ni flippante.   

 

par Jaco Hellman
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