LES RUINES de Carter
Smith **
Dans le genre survival de prévention à l’intention des jeunes vacanciers en quête d’exotisme, ce film est un modèle et constitue une bonne alternative au médiocre Turistas. Cette excursion dans des vestiges mayas renouvelle d’une manière inattendue les sacrifices humains. La violence est crue au traitement réaliste et dérangeant. L’esthétique gore surprend par le biais d’une vaste créature constituant le décor d’un huis clos suffocant.

SAW 3 de Darren Lynn
Bousman **
Ambitieuse par son script,
cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario.
Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises
maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus tordus.
Réalisation : Jim Sonzero
Acteurs : Kristen Bell, Ian Somerhalder
durée : 90min
KAIRO, dont ce film
s’inspire, était une parabole sociale japonaise sur fond de fin du monde à la noirceur nihiliste. L’univers cauchemardesque et visionnaire de Kioshi Kurosawa le distinguait fortement de RING ou
JU-ON plus classique dans le rythme narratif. Pas de quoi s’étonner alors que ce projet de remake américain ait traîné des années en réécriture pour le formater aux canons du genre. Le résultat
est moins décevant que prévu grâce au réalisateur qui pour sa première commande respecte scrupuleusement le découpage des scènes cultes de l’original. En revanche, le montage tape-à-l’œil censé
mimer le speed des nouvelles technologies désamorce l’angoisse. Idem pour les effets spéciaux et sonores, bien
exécutés mais trop illustratifs. Cette surcharge technique d’un récit devenu prévisible remplit inutilement une intrigue dont l’argument principal est pourtant le vide existentiel.
L’ambiance dépressive bleutée et désaturée, comme si la
lumière provenait uniquement d’écrans, reprend efficacement à son compte l’esthétique glaciale et contrastée du THE RING de Gore Verbinski. Cette fois très bavards, les personnages gagnent en
rationnel ce qu’ils perdent en mystère. Les dialogues trop explicatifs sabotent la qualité de l’interprétation, suffisamment convaincante pour passer une séance ni ennuyeuse, ni
flippante.