LES RUINES de Carter
Smith **
Dans le genre survival de prévention à l’intention des jeunes vacanciers en quête d’exotisme, ce film est un modèle et constitue une bonne alternative au médiocre Turistas. Cette excursion dans des vestiges mayas renouvelle d’une manière inattendue les sacrifices humains. La violence est crue au traitement réaliste et dérangeant. L’esthétique gore surprend par le biais d’une vaste créature constituant le décor d’un huis clos suffocant.

SAW 3 de Darren Lynn
Bousman **
Ambitieuse par son script,
cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario.
Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises
maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus tordus.
Dans un centre de réinsertion, le suicide d'un jeune souffre-douleur entraîne l'envoi du groupe de délinquants sur une île soi-disant déserte...
Les anglais peuvent se réjouir de ce remake gore de SA MAJESTE DES MOUCHES en réponse à la version japonaise, BATTLE ROYALE. Les
amateurs de grands frissons risquent donc de passer leur chemin. Ici le carnage se veut fun et bien rythmé par une meute de chiens enragés. La quantité de jeunes proies n’empêche pas
l’identification car la variété des physiques et caractères sont tous crédibles. Les moins solitaires seront les premiers à périr. L’intrigue reste prévisible mais l’intérêt provient avant tout
de l’originalité des situations où chaque mise à mort sauvage crée la surprise.
Michael J.Basset, plus doué qu’un Neil Marshall (THE DESCENT) pour le traitement des personnages, s’en sort beaucoup moins bien dans le suspense faute au découpage sans âme. Son attention focalisée sur les effets gores et la direction d’acteur se relache sur certains plans rattrapés par un montage trop fonctionnel. Des raccords très approximatif dans l'action gâchent le plaisir à plusieurs reprises. Les transitions flegmatiques par un travelling en hélico redondant confirme ce bâclage. Cette ensemble largement perfectible mais généreux contient assez de bonnes idées pour le programmer un samedi soir entre potes.