SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**

Réalisation : Lucky McKee
Acteurs : Agnes Bruckner, Patricia Clarkson
sortie dvd : 23 janvier 2007
durée : 91min
Dans les années 60 en Nouvelle Angleterre, Heather, une jeune fille perturbée est placée par ses parents dans un pensionnat isolé dans les bois. Elle subit alors de mystérieuses apparitions qui n’arrangent pas sa réputation auprès de la proviseur, la sèche et inquiétante Miss Traverse suivie de ses enseignantes.
Très classique, le scénario brasse de multiples références et poncifs et ne parvient pas à s’épanouir en dehors d'un intimisme sensible des rapports entre les pensionnaires. On retrouve donc la tonalité du mal-être adolescent de MAY, son précédent film qui renouvelait le mythe de Frankenstein. Malheureusement, dans THE WOODS, le registre de l’intrigue est beaucoup plus prévisible. A force d’aligner les clins d’œil sans en prendre le contre-pied, l’impression de déjà-vu s’installe vite (comme dans EVIL DEAD, Bruce Campbell ramène des innocents dans des bois maléfiques, sa famille remplace la bande de potes. Les voix et apparitions du pensionnat nous renvoient en plein SUSPIRIA d’Argento, mais la directrice et ses suivantes avec leur attitude de body snatchers rappelle plutôt THE FACULTY, etc...). Cette accumulation qui ne ménage aucune surprise empêche l’angoisse de s’installer dans la progression du fantastique. La mise en scène plus efficace dans la retranscription d’une ambiance se révèle dans l’acmé finale complètement ratée en voulant rendre hommage aux séries B kitch des années 60.
Le film se rattrape pourtant aux branches grâce à sa direction artistique irréprochable. Le casting, très bien équilibré entre les trognes du personnel enseignant et les jeunes élèves toutes attachantes dans l’intime, reste entièrement féminin. Leur justesse d’interprétation contribue à valoriser la verve de certains dialogues. De nombreux détails visuels enrichissent une reconstitution très inspirée. La lumière diffuse donne un sentiment d’intemporalité très à propos. Cette atmosphère envoûtante et vénéneuse est suffisamment inhabituelle pour faire abstraction de ses langueurs scénaristiques ou au contraire amplifie la déception.