SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**

Ne vous attendez pas à un thriller fantastique digne du machiavélique PRESTIGE de Christopher Nolan sous prétexte que les deux métrages se déroulent dans le même milieu. Il s'agit cette fois d'une intrigue amoureuse saupoudrée de mystères faussement surnaturels. A Vienne au début du siècle dernier, le ténébreux illusionniste Eisenheim, va utiliser ses tours pour renouer avec son amour d'enfance, une duchesse promise par son rang à l'autoritaire prince Leopold. En plein déclin de l'empire austro-hongrois, Eisenheim dont la renommée croît au fil de ses représentations s'octroie la popularité perdue du prince. Furieux, ce dernier envoie le rationnel et dévoué inspecteur Uhl enquêter pour dévoiler ses secrets au grand jour.
Cette lutte de l'esprit se révèle trop fade car l'issue est rapidement annoncée par des ficelles de narration trop visibles. Elles tentent de se faire oublier par les trucages numériques des tours de magie qui, à défaut d'être invraisemblables, s'intégrent parfaitement à l'image satinée sépia. Cet embalage mielleux contamine l'intrigue amoureuse très fleur bleue. Quant à l'enquête, son suspense s'évapore vite pour le spectateur attentif, paradoxe pour un film qui fait de l'énigmatique sa principale intention. Seul le jeu précis et fascinant d'Edward Norton réussi par son charisme ténébreux à faire oublier une intrigue qui abat trop vite ses cartes.
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