Critiques brèves

  

 

 

undefinedSAW 3    de Darren Lynn Bousman                          ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.

 

reeker1.jpgREEKER de Dave Payne                                                                                                **

 Une série B qui exploite parfaitement son manque de moyen pour nous suggérer le pire. L’intrigue qui mélange savamment mystère, gore et S-F Le twist final est par contre déjà-vu et décevant vis-à-vis de la réalisation par ailleurs très travaillée sur l’atmosphère. Le groupe de jeunes manque de charme mais à l’inverse le reeker a plus d’un tour dans sa boite. 
 

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L’EXORCISME D’EMILY ROSE de Scott Derrickson                                     **

Mix efficace de film de procès et d’épouvante. Jennifer Carpenter, une révélation, déploie un large panel de grimaces et de contorsions pour créer l’effroi. La lumière très inspirée de Tom Stern (MYSTIC RIVER, MILLION DOLLAR BABY) réveille en nous des angoisses archaïques mêlées de mysticisme. Mais l’intrigue, pourtant fondée sur le doute, est dans son dénouement pleinement du côté de la religion par la sanctification d’Emily avec pour seule justification de s’inspirer d’une histoire vraie.

 

 

****

Réalisation : Jaume Balaguero 

Acteurs : Calista Flockhart, Yasmin Murphy

sortie dvd : 12 juin 2006

durée : 93min

  

 


 

 

     

Dans un hôpital pour enfants, l’un d’eux subit dans son sommeil des fractures d’origine mystérieuse. L’infirmière Amy, nouvelle dans ce service s’attache plus particulièrement à une petite fille incurable perturbée la nuit par d’effrayants bruits de pas aux résonances métalliques. Ils proviennent de l’étage supérieur pourtant désaffecté depuis plus d’un demi-siècle.

En transposant les stéréotypes de la maison hantée dans un hôpital, Balaguero modernise LES INNOCENTS de Jack Clayton, classique du film de fantômes. FRAGILE se démarque de ses homologues japonais (DARK WATER ; JU-ON) par un lyrisme obsédant un brin monotone mais aux problématiques plus limpides. Avec un sens de la suggestion des plus efficaces, il nous invite à redécouvrir des peurs originelles si l’on est prêt à suivre ses personnages peu engageants.

 

Pour la troisième fois, Balaguero nous présente une jeune femme seule qui ne peut compter sur personne pour sauver des enfants d’un péril spectral. Après une secte (LA SECTE SANS NOM) et une famille (DARKNESS),  l’héroïne enquête cette fois dans un hôpital comme autre lieu de souffrances d’enfants. L’écoute d’Amy, joué par Calista Flockhart (Ally MacBeal), contraste singulièrement avec ses collègues de l’hôpital, désinvestis dans leur fonction. Ceux-ci ont tous un degré d’irresponsabilité équivalent à leur niveau hiérarchique  comme le médecin chef, qui au lieu d’écouter les interrogations d’Amy sur les jeunes victimes, tombe amoureux d’elle pour mieux la contrôler. Ses inquiétudes l’isolent progressivement du milieu hospitalier trop rationnel pour répondre aux hallucinations démoniaques de la petite Maggie condamnée par la maladie...

Malgré des dialogues assez plats et quelques longueurs, le scénario privilégie l'ambiance pour parvenir à crédibiliser visuellement la maladie et le funeste passé d’Amy par l’étage désaffecté comme représentation commune de leur souffrance. Le doute sur les origines et les motivations du fantôme suggèrent subtilement le pire pour maintenir l’attention. La photo et le mixage sonore exceptionnels font froid dans le dos à plusieurs reprises. La musique lancinante et mélancolique contribue à renforcer l’atmosphère contrastée entre la froideur morbide de l’hôpital et l’effervescence de l’étage infernal. Après un crescendo subtilement ficelé, le dénouement paraît plus convenu mais du moins parfaitement logique. Féru de SILENT HILL, Balaguero rend hommage à cette œuvre envoûtante et neurasthénique avec plus de noblesse et un budget huit fois inférieur à la réalisation de Christophe Gans. Ses récompenses au festival de Gerardmer sont d’autant plus méritées.

 

par Jaco Hellman
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Commentaires

Quand on pense que ce film n'a même pas été distribué sur les écrans français, quel désastre !!
commentaire n° : 1 posté par : Babinski le: 28/03/2007 23:54:37

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