SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**


Malgré des dialogues assez plats et quelques longueurs, le scénario privilégie l'ambiance pour parvenir à crédibiliser visuellement la maladie et le funeste passé d’Amy par l’étage désaffecté comme représentation commune de leur souffrance. Le doute sur les origines et les motivations du fantôme suggèrent subtilement le pire pour maintenir l’attention. La photo et le mixage sonore exceptionnels font froid dans le dos à plusieurs reprises. La musique lancinante et mélancolique contribue à renforcer l’atmosphère contrastée entre la froideur morbide de l’hôpital et l’effervescence de l’étage infernal. Après un crescendo subtilement ficelé, le dénouement paraît plus convenu mais du moins parfaitement logique. Féru de SILENT HILL, Balaguero rend hommage à cette œuvre envoûtante et neurasthénique avec plus de noblesse et un budget huit fois inférieur à la réalisation de Christophe Gans. Ses récompenses au festival de Gerardmer sont d’autant plus méritées.