SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
**

Acteurs : Carice Van Houten, Sebastian Koch
Date de sortie : 29 novembre 2006 Durée : 145min Genre: Thriller historique sentimental
Verhoeven, de retour en Hollande après une longue et riche période dans les grands studios, a dû attendre des années de coproduction pour retrouver sa grandiloquence au cœur du système européen et nous livrer une reconstitution d’autant plus maîtrisée. Il retrouve son personnage de femme capable de manipuler le monde masculin (LE QUATRIEME HOMME, BASIC INSTINCT, SHOWGIRLS) mêlé à sa thématique du mal à travers différents âges de l’humanité (SOLDIER OF ORANGE, FLESH+BLOOD, STARSHIP TROOPERS, HOLLOW MAN). Il rend hommage à la réalisation des films romanesques de l’époque mâtiné d’espionnage à la Hitchcock période anglaise. Un vrai plaisir de cinéphile se dégage de cet ensemble foisonnant au risque d’en laisser certains sur le carreau. Le rythme est en effet tellement effréné qu’en dehors de l’effroi, peu d’émotions transparaissent car les révélations et rebondissements de l’intrigue s’enchaînent et relancent le doute sur la part d’ombre des protagonistes. L’héroïne toujours en mouvement s’infiltre dans un monde où elle apprend à ne faire confiance à personne, excepté en l’amour. Mais le récit de cette romance avec un général SS est, comme dans BASIC INSTINCT, froide et peu émouvante comme pour mieux nous concentrer sur la nature du Mal qui contamine sans cesse, au point que la Libération n’arrêtera pas sa propagation. La mise en scène qui en découle, digne d’un De Palma (référence à Carrie avec la scène du seau), et l’interprétation exceptionnelle de Carice Van Houten rattrapent largement les quelques faiblesses narratives.
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