SAW 3 de Darren Lynn
Bousman ***
Ambitieuse par son script, cette suite l’est beaucoup
moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario. Les révélations sur Jigsaw
et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises maintiennent tout de même
l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus sadiques et gores.
REEKER de Dave Payne
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Réalisation : Xavier Palud, David Moreau
Acteurs : Michaël Cohen, Olivia Bonamy
Date de sortie : 19 juillet 2006
Durée : 78min
Cette production française compense ses modestes moyens par un minimalisme efficace sur la forme mais parasité par l’aridité de l’intrigue. Un couple de jeunes français vivent dans une maison isolée en Roumanie. Ils se retrouvent un soir assailli par des rôdeurs… et l’ennui s’installe immédiatement pour le spectateur face au peu d’inventivités des situations et des dialogues. La scène d’ouverture est pourtant efficace dans sa suggestion avec le hors-champ sans être particulièrement originale. Le sentiment de temps réel développé ensuite est discrédité d'emblée par la présentation du couple trop sommaire pour avoir le minimum de profondeur psychologique et rendre au moins leur réaction crédible à défaut d’être sympathique. Cette unité narrative aurait pu présenter un intérêt à la manière du PROJET BLAIR WITCH si le script avait exploité le simple principe du conflit interne au groupe ou du moins s'en inspirer pour un isolement progressif des personnages multipliant ainsi les situations pour maintenir la tension. Quelques ficelles du genre se succèdent pourtant sans amplifier le drame ni l’angoisse. Le climax surgit au bout de trente minutes et entraîne un problème de rythme flagrant. Le remplissage de la deuxième partie entretient un suspense prévisible, déjà-vu et ennuyeux. Mais le pire reste le sous-texte du film censé faire réfléchir à la peur de l’Autre appuyé par un twist final douteux sous couvert de s’être inspiré d’un véritable fait divers. Il rappelle en ce sens la vision amorcée dans HOSTEL d’Elie Roth sur les pays d'Europe de l'est : leur crise
d’identité les conduit à se venger, donc à torturer des touristes. Comble de l’ironie, c’est grâce à ces mêmes pays que ces deux films ont pu se produire.
Malgré une déco efficace, une image expressionniste correcte et des acteurs convaincus, ce film est plombé par une narration trop sobre à cause d'un scénario bâclé qui n'exploite aucune piste secondaire pour tenir en haleine. Ses allures de moyen-métrage rallongé pour atteindre la durée requise provoque une somme de plans inutiles tout droit sortis d’un quelconque téléfilm. Le filmage à l’épaule parvient dans les vingts dernières minutes à retourner l’estomac par un cadrage bringuebalant faute d'idées pour renouveler le suspense. La qualité technique du son autant que l’image progressivement monochrome rend le résultat d’autant plus frustrant. Les indulgents feront le maximum pour s'attacher uniquement aux qualités, suffisamment nombreuses pour être encourager au sein d'une production française qui progresse dans ce genre, surtout si l'on se souvient du prétentieux PROMENONS NOUS DANS LES BOIS bien plus raté. ILS mérite d'être comparé à STRAW DOGS de Sam Peckinpah, œuvre instigatrice du genre qu'il plagie dans ses meilleurs moments.