LES RUINES de Carter
Smith **
Dans le genre survival de prévention à l’intention des jeunes vacanciers en quête d’exotisme, ce film est un modèle et constitue une bonne alternative au médiocre Turistas. Cette excursion dans des vestiges mayas renouvelle d’une manière inattendue les sacrifices humains. La violence est crue au traitement réaliste et dérangeant. L’esthétique gore surprend par le biais d’une vaste créature constituant le décor d’un huis clos suffocant.

SAW 3 de Darren Lynn
Bousman **
Ambitieuse par son script,
cette suite l’est beaucoup moins dans sa réalisation qui ne vise que la surenchère dans ses effets. Le suspense est du coup inégal car décomposé dans les multiples embranchements du scénario.
Les révélations sur Jigsaw et d’autres personnages pleuvent généreusement mais dissolvent l’angoisse de la claustration des précédents opus. Les retournements de situations et autres surprises
maintiennent tout de même l’attention autant que les casse-têtes aux mécanismes mortels toujours plus tordus.
*****
Réalisation : Pascal Laugier
Acteurs : Mylène Jampanoï, Morjana Alaoui
date de sortie : 3 septembre 2008
durée : 100 min
Une jeune fille traumatisée car séquestrée dans son enfance retrouve ses bourreaux et entraine son amie dans une vengeance très salée.
SAINT ANGE révélait déjà un grand potentiel narratif mais là…un vrai coup de poing, une claque
pour le cinéma d'horreur français dont ce film prend aisément la tête. Il fait passer LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE pour un inoffensif chapelet d’enfant de chœur. Cette expérience
viscérale nous met au plus près de la rage de ses personnages par le traitement en caméra épaule avec de très rares plans d’ensemble pour éviter de reprendre son souffle. En effet les unités de
temps, de lieu et de point de vue sont exploitées en trois mouvements jusqu’à l’agonie. Pascal Laugier filme en permanence l’essentiel, ses héroïnes, tout en sachant
suggerer quand il le faut. Ses actrices…des soldats de l'apocalypse envoyés par Némésis. Les clins d'oeil cinéphiliques sont légion tout en gardant sa propre identité, d'Argento à Kargl avec la
volonté de se situer entre le cinéma de genre et d'auteur.
La réussite visuelle nous faisant vivre un cauchemar éveillé tient autant à la déco (désaffectée ou clinique) qu'aux maquillages traumatisant de Benoit Lestang. La BO efficace de Suppuku Paradigm donne la touche finale au désespoir ambiant. Ce ROSETTA au pays de l’horreur fait date par son exceptionnelle radicalité avec un final inattendu à la dimension mystique qui transcende les limites du genre. Il faudra des années d'HOSTEL 4 et autre SAW 6 pour se remettre de ce témoignage des complexes sadiques occultés par notre difficile époque. Suite de la critique quand je m’en serais remis…