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Réalisation : Quentin
Tarantino
Acteurs : Kurt Russell, Rosario Dawson
date de sortie : 06 juin 2007
durée : 110min
Deux groupes de femmes vont être confrontées à un serial cascadeur pied au plancher de sa Chevrolet customisée « à l’épreuve de la
mort »…
Sorti du contexte
initial de la séance GRINDHOUSE (deux longs plus quatre courts-métrages) pour cause de rentabilité, ce sixième Tarantino perd en équilibre pour s’étaler sur les palabres parfois truculentes de
huit femmes bruts de décoffrage. L’intrigue reste au point mort pendant la première heure mais compense ce vide par des trouvailles visuelles mimant les problèmes techniques des séries Z
seventies enrobées d’une BO ravageuse. Mais contrairement à ses précédents films, le temps paraît cette fois plus long car son humour noir protéiforme ne mène nulle part et tombe souvent à
plat.
Passé une collision novatrice dans son découpage, on
sort de la torpeur dans la deuxième partie qui retrouve une texture d’image plus lisse pour valoriser la scène de course-poursuite filmé avec une jubilation contagieuse. De plus ces femmes
adoptent une attitude opposée aux clichés du genre pour se révéler encore plus sauvage et imprévisible que leur assaillant. Mais ceux qui attendaient le premier vrai film d’horreur de Tarantino
seront déçus. Ce résultat en demi-teinte est de toute façon à oublier dès la sortie dvd du projet initial GRINDHOUSE autrement plus
ambitieux.
par Jaco Hellman
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Réalisation : Nacho Cerda
Acteurs : Anastasia Hille, Karel Roden
date de sortie : 30 mai 2007
durée : 96min
Marie, adoptée dans son enfance, découvre quarante ans plus tard le lieu de sa naissance dans une ferme isolée en Russie. Cette maison hantée ne lui laissera aucune issue pour lui révéler l'atroce histoire de son abandon...
Ce premier long-métrage de Nacho Cerda ne brille pas par son intrigue très conventionnelle aux histoires de fantômes ni par ses personnages à peine caractérisés. Par contre la mise en scène ambitieuse rend compte de l'enfermement et de la moiteur avec une inventivité visuelle constante. Les paysages vallonnés et la ferme abandonnée à l'usure de quarante années sont filmés comme un étau se refermant progressivement pour révéler les couches cachées de la mémoire de Marie. Cette radicalité se retrouve dans le script qui se déleste de toute rationalisation et caractérisation psychologique pour centrer son film sur une expérience sensorielle suffisamment viscérale et rythmée pour se sentir pris au piège d'un manège démoniaque.
Ce parti pris risqué génère tout de même quelques faiblesses tant au niveau de la narration rendue trop prévisible que de l'interprétation pas toujours convaincante. Ce manque de confiance dans son efficacité dramatique est compensé par une tartine d'effets sonores menant tout droit à l'indigestion. Ces déséquilibres n'entament pas le plaisir de découvrir la riche identité visuelle de ce nouveau maître espagnol.
par Jaco Hellman
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Réalisation : Courtney Solomon
Acteurs : Donald Sutherland, Sissy Spacek
date de sortie : 25 avril 2007
durée : 91min
En 1848, l’esprit d’une sorcière hante la maison de la famille Bell pour leur révéler un traumatisme refoulé. Cet évènement est aujourd’hui reconnu historiquement comme seul cas de mort provoqué par un fantôme…
Dès la première séquence on prend le train en marche en nous plongeant au milieu de la fuite d’une jeune ado dans la forêt dont on ne verra rien de son poursuivant car filmé en subjectif. On comprend alors que ce film, destiné aux plus jeunes, va ratisser large dans ses inspirations pour les affadir au possible et ainsi désamorcer tout suspense. Ce lissage PG-13 (tout public) passe par une narration dès plus bordélique. La voix-off nous annonce une sorcière pour comprendre ensuite qu’il s’agit d’un esprit frappeur grognassant. Mais non, c’est une histoire de possession à la Emily Rose…par un loup tantôt visible ou invisible ! Peut-être un vampire par une silhouette incongrue sur le toit ? un voisin farceur ? L’explication finale justifiant cette collection poussiéreuse de lieux communs illustratifs tient de l’eau de rose horrifique mais surtout ne troublera pas la torpeur causée par une somme d’incohérences héritées d’une direction d’acteurs distendue. La mère en devient même involontairement angoissante par l’indifférence de ses réactions répétitives censées rassurer sa fille Betsy. Pire, elle garde un sourire insouciant malgré les preuves qu’un homme malveillant vient dans le lit de sa fille. Aucun des deux parents ne paraît croire à sa possession pourtant dès la séquence suivante ils se laissent aller à une séance d’exorcisme enjouée. Cette mascarade n’arrange rien car les avanies spectrales reprennent aussitôt contre l'héroïne à la manière d’un petit frère invisible qui s’amuse à défaire son lit, vider les plumes de son oreiller ou tirer ses cheveux. Les situations tentent le recyclage de l’épouvante old-school mais le résultat est malheureusement plus proche d’un SCARY MOVIE par le kitsch fortuit de la mise en scène que de LA MAISON DU DIABLE. Les subjectifs du fantôme à la steadicam sont tellement redondant qu’ils se mettent alors à tanguer, à passer indifféremment de la couleur au noir et blanc et surtout n’ont rien d’autre à montrer que des visages hébétés par le vacarme d’une entité blagueuse.
Conscient de ses limites, Courtney Solomon (DONJONS & DRAGONS) cache la misère par l’emploi excessif d’éclairs et flashs en tout genre, bourrasques, regards caméra, filtres numériques du plus mauvais goût couronnés d’une voix-off inutile. Le montage laisse passer de nombreux faux raccords durant les scènes d’attaques et ne pâlie pas aux incohérences des réactions de la gamine qui passe des hurlements à un visage doux et apaisé le plan suivant. L’abus des rapides flashbacks et du staccato de la musique participe à cette engorgement censé nous persuader qu’il s’agit bien d’un film d’horreur. On plaint surtout les acteurs malmenés. Donald Sutherland et Sissi Spaceck, le regard atterré, paraissent se demander comment ils en sont arrivés à subir pareils humiliations pour subvenir à leurs vieux jours.
par Jaco Hellman
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Réalisation : Oxide et Danny Pang
Acteurs : Kristen Stewart, Dylan McDermott
Date de sortie : 4 avril 2007
durée : 91min
Une famille tente un nouveau départ dans une ferme isolée du Dakota. L’aînée et son petit frère sont harcelés par d’étranges apparitions. Alors que les parents refusent d’y croire, des corbeaux se déchaînent...
La première incursion des frères thaïlandais à Hollywood paraît être un challenge pour faire d’une histoire ultra rabâchée et mal construite, un film d’exploitation rentable. Les scénaristes ont réécrit l'histoire originale en piochant dans les ficelles des meilleurs films de fantômes de ces dernières années, du rapport difficile du père et de sa fille flanquée d’un petit frère médium (DARKNESS) aux apparitions successives des revenants contorsionnistes (JU-ON) en passant par une vengeance de ces derniers (final identique à L’ECHINE DU DIABLE). La prise de risque dans l’originalité vient alors des attaques inexpliquées de corbeaux. Cette greffe hitchcockienne n’est qu'un prétexte à combler le vide du récit de ce drame familial destiné aux adolescentes en crise relationnelle. A défaut de créer un suspense, certaines informations essentielles à la compréhension des conflits sont retenues le plus longtemps possible pour tenir en haleine. Le passé soi-disant douloureux de cette famille n’est expliqué qu’aux deux tiers et surtout n’apporte rien au dénouement de l’intrigue principale. Cette narration alambiquée est enrobée de dialogues sans saveurs à la limite du ridicule.
Malgré ce montage bancal d'une production très formatée, les réalisateurs ont su trouver leur place pour déployer leur talent et fignoler quelques bons moments de frissons. Certains plans d’une acuité rare dans l’épouvante accolés à un traitement sonore innovant participe à l’efficacité d’un montage millimétré. L’interprétation inégale est largement dominée par la jeune Kristen Stewart très convaincante, au point de compenser à elle seule le manque de sincérité de cette commande insignifiante.
par Jaco Hellman
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Réalisation : Michael J.Basset
Acteurs : Sean Pertwee, Alex Reid
sortie dvd : 14 mars 2007
durée : 94min
Dans un centre de réinsertion, le suicide d'un jeune souffre-douleur entraîne l'envoi du groupe de délinquants sur une île soi-disant déserte...
Les anglais peuvent se réjouir de ce remake gore de SA MAJESTE DES MOUCHES en réponse à la version japonaise, BATTLE ROYALE. Les amateurs de grands frissons risquent donc de passer leur chemin. Ici le carnage se veut fun et bien rythmé par une meute de chiens enragés. La quantité de jeunes proies n’empêche pas l’identification car la variété des physiques et caractères sont tous crédibles. Les moins solitaires seront les premiers à périr. L’intrigue reste prévisible mais l’intérêt provient avant tout de l’originalité des situations où chaque mise à mort sauvage crée la surprise. 
Michael J.Basset, plus doué qu’un Neil Marshall (THE DESCENT) pour le traitement des personnages, s’en sort beaucoup moins bien dans le suspense faute au découpage sans âme. Son attention focalisée sur les effets gores et la direction d’acteur se relache sur certains plans rattrapés par un montage trop fonctionnel. Des raccords très approximatif dans l'action gâchent le plaisir à plusieurs reprises. Les transitions flegmatiques par un travelling en hélico redondant confirme ce bâclage. Cette ensemble largement perfectible mais généreux contient assez de bonnes idées pour le programmer un samedi soir entre potes.
par Jaco Hellman
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Réalisation : Lucky McKee
Acteurs : Agnes Bruckner, Patricia Clarkson
sortie dvd : 23 janvier 2007
durée : 91min
Dans les années 60 en Nouvelle Angleterre, Heather, une jeune fille perturbée est placée par ses parents dans un pensionnat isolé dans les bois. Elle subit alors de mystérieuses apparitions qui n’arrangent pas sa réputation auprès de la proviseur, la sèche et inquiétante Miss Traverse suivie de ses enseignantes.
Très classique, le scénario brasse de multiples références et poncifs et ne parvient pas à s’épanouir en dehors d'un intimisme sensible des rapports entre les pensionnaires. On retrouve donc la tonalité du mal-être adolescent de MAY, son précédent film qui renouvelait le mythe de Frankenstein. Malheureusement, dans THE WOODS, le registre de l’intrigue est beaucoup plus prévisible. A force d’aligner les clins d’œil sans en prendre le contre-pied, l’impression de déjà-vu s’installe vite (comme dans EVIL DEAD, Bruce Campbell ramène des innocents dans des bois maléfiques, sa famille remplace la bande de potes. Les voix et apparitions du pensionnat nous renvoient en plein SUSPIRIA d’Argento, mais la directrice et ses suivantes avec leur attitude de body snatchers rappelle plutôt THE FACULTY, etc...). Cette accumulation qui ne ménage aucune surprise empêche l’angoisse de s’installer dans la progression du fantastique. La mise en scène plus efficace dans la retranscription d’une ambiance se révèle dans l’acmé finale complètement ratée en voulant rendre hommage aux séries B kitch des années 60.
Le film se rattrape pourtant aux branches grâce à sa direction artistique irréprochable. Le casting, très bien équilibré entre les trognes du personnel enseignant et les jeunes élèves toutes attachantes dans l’intime, reste entièrement féminin. Leur justesse d’interprétation contribue à valoriser la verve de certains dialogues. De nombreux détails visuels enrichissent une reconstitution très inspirée. La lumière diffuse donne un sentiment d’intemporalité très à propos. Cette atmosphère envoûtante et vénéneuse est suffisamment inhabituelle pour faire abstraction de ses langueurs scénaristiques ou au contraire amplifie la déception.
par Jaco Hellman
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Réalisation : William Friedkin
Acteurs : Ashley Judd, Michael Shannon
date de sortie : 21 février 2007
durée : 100min
Dans la chambre d'un motel miteux, Agnes vit seule dans l'angoisse du retour de son ex-mari sortant de prison. Lors d'une soirée après son travail de serveuse, elle invite un nomade mystérieux qui parvient à la séduire malgré sa solitude endurcie. Après une nuit d'amour et une piqûre d'insecte, il lui révèle son passé peu commun. Cela réveille en eux une flambée paranoïaque d'amour et de mort...
Friedkin réussi son retour avec l'adaptation d’une pièce de théâtre romantique et trash devenue culte. Au démarrage l'intrigue traîne en longueur pour mieux nous expliquer le contexte et le passé douloureux de cette femme. Sa dépression va trouver un écho chez ce vagabond mutique dans une ambiance de chaos social. En restant exclusivement dans leur point de vue, un état de suffocation nous emporte et ne nous lache plus. La conviction sidérante de Michael Shannon nous contamine pour évoluer au fil des révélations sur son passé énigmatique et refermer sa toile dans l’étranglement du dernier acte. Ayant joué la pièce une centaine de fois, il illumine sa partenaire de son aura, la transformant en insecte irradié par son délire. La mise en scène progressivement survoltée apporte une certaine fraîcheur à ce huit-clos étouffant filmé comme une guerre contre l'invisible. Les perturbations extérieures sont absorbées par leur folie à l'instar du spectateur qui passe de la compassion au dégoût le sourire aux lèvres grâce à un subtil humour noir.
La critique politique de la paranoïa américaine permet d'identifier la filiation du film avec L'ECHELLE DE JACOB ou FIGHT CLUB dont il rend de discrets hommages. Mais la vision corrosive est cette fois enrichie d'une réflexion dérangeante sur un amour passionnel vampirisant, conséquence de l'isolement et de la dépression. Ce foisonnement thématique perclus dans un dispositif radical permet à BUG d’être revu sans déplaisir.
par Jaco Hellman
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